/ Forschung, Doktorat

Appel à contributions: "Patrimoines culturels africains : les performances politiques des objets"

Revue Politique africaine publiée par l’Association des chercheurs de Politique africaine (ACPA)

Les gestes et « émotions patrimoniales » (Fabre 2013) d’hommes politiques comme Georges Pompidou, Jacques Chirac ou Emmanuel Macron en France ont été amplement analysés et commentés de même que ceux de quelques figures africaines comme Léopold Sédar Senghor (Harney 2004) et, dans une moindre mesure, Ménélik II (Sohier 2012), Kwame Nkrumah (Hess 2001 ; Lentz 2017), Mobutu Sese Seko (White 2006 ; Malaquais 2008 ; Van Beurden 2015) ou le roi Njoya (Geary 1994 ; Galitzine-Loumpet 2016). Mais que sait-on de la façon dont les chefs d’États africains, leurs conseillers, les grands commis des États ou encore des figures et militants politiques ont envisagé, durant la période coloniale ou postcoloniale, le rôle politique du patrimoine ou, plus modestement, d’ensembles d’objets dans une perspective à la fois personnelle, nationale et internationale ? Comment ont-ils agi ou agissent-ils sur le sens des œuvres et sur leurs trajectoires, créant ainsi les conditions pour que de nouvelles strates de significations s’y superposent au gré de leur parcours (Kopytoff 1986) ? Et, de manière conjointe, comment les pratiques populaires autour de ces objets informent, infléchissent, s’approprient-elles ces conceptions dans un va-et-vient dynamique entre ces deux sphères ?

Les editeurs employent à dessein le terme ouvert d’objet, afin de ne pas enfermer dans des catégorisations étroites la pluralité des ontologies, significations et usages qui peuvent être associés à des productions diverses, qu’il s’agit ici précisément d’examiner. Ce terme permet d’appréhender, dans toute leur complexité, des gestes politiques qui façonnent, parfois de manière simultanée et contradictoire, des productions extrêmement variées. Ainsi, dans le cadre de cet appel, ils entendent par « objets » aussi bien les pièces de musée et autres « biens culturels » que toute production qui n’a pas forcément, seulement, ou encore, une valeur patrimoniale, mais qui s’inscrit dans un rapport singulier à l’histoire, aux identités et aux pratiques culturelles et sociales. 

Axes thématiques:

Les contributions de ce dossier pourront s’articuler autour de quatre grands axes, susceptibles d’être abordés dans une perspective régionale, nationale, transnationale, voire transcontinentale et diasporique, et au fil de différentes temporalités.

  1. La politique des objets exposée : acteurs, gestes, lieu

  2. Circuits d’approvisionnement et régimes de valeur

  3. La politique des objets au prisme des pratiques sociales et des imaginaires populaires

  4. La fabrique africaine des restitutions, des indépendances à nos jours

Date limite d’envoi des propositions d’articles inédits (deux pages maximum, en français ou en anglais): 1er novembre 2020